En cette période estivale, nous sommes nombreux à être importunés par les moustiques… Mais leurs piqûres concernent également les animaux de compagnie ! 30millionsdamis.fr a interrogé les Dr vétérinaires Suzy Valentin et Adrien Idée sur les risques pour nos compagnons.
Plusieurs critères à prendre en compte… « Les moustiques que nous rencontrons habituellement provoquent le plus souvent uniquement des piqûres locales chez le chien », explique le Dr vétérinaire Suzy Valentin, spécialiste en médecine interne au Centre Hospitalier Vétérinaire HOPia-Univet à Guyancourt (78), jointe par 30millionsdamis.fr. Dans ce cas, il n’y a aucun risque pour l’animal.
En revanche, les moustiques présents dans certaines zones peuvent être porteurs de maladies : « Ils peuvent notamment transmettre la dirofilariose, une maladie parasitaire due à un ver qui se localise principalement dans le cœur et ses gros vaisseaux, tels que les artères pulmonaires », indique S. Valentin.
Quelles sont les régions concernées ?
Si cette maladie est la plus fréquente aux États-Unis, en France le risque concerne principalement la Corse, le pourtour méditerranéen et certaines zones du Sud-Ouest. Donc si vous y habitez ou prévoyez d’y séjourner, « vérifiez avec votre vétérinaire si l’antiparasitaire habituel de votre chien contient les molécules adaptées à cette prévention, ou s’il faut compléter par un antiparasitaire différent permettant de prévenir la dirofilariose », recommande la spécialiste.
Toutefois, en raison du réchauffement climatique, les moustiques vecteurs de ce parasite ont tendance à se déployer progressivement. Alors en cas de doute sur le niveau de risque dans votre région, « n'hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire qui pourra vous proposer la protection la plus adaptée au mode de vie de votre animal ».
Un insecte encore plus dangereux que le moustique ?
Le principal risque en France reste le phlébotome. Souvent appelé « petit moustique », il s'agit en réalité d'un insecte différent. « Il transmet un parasite qui donne la leishmaniose, explique Dr vétérinaire Adrien Idée, spécialiste en dermatologie vétérinaire au centre hospitalier vétérinaire AniCura Armonia (38). Cette maladie est assez compliquée à diagnostiquer, parce qu'elle peut avoir beaucoup de symptômes différents. » « Ce parasite peut atteindre de nombreux organes, notamment la peau, les reins, les yeux, les articulations et le système immunitaire », complète S. Valentin.
Seniorita, atteinte d’une forme cutanée de la leishmaniose. / © Dr Suzy Valentin
Une maladie extrêmement difficile à traiter ! « Elle nécessite un traitement au minimum d’une année, mais parfois à vie, avec des récidives possibles, indique l’experte. Le pronostic de survie peut être engagé ou la durée de vie impactée. Et même si l’animal ne sera pas forcément malade à vie, le parasite sera toujours présent dans l’organisme. »
Mieux vaut prévenir que guérir !
« Étant donné qu’il est parfois impossible de se débarrasser complètement de ce parasite, l'idéal c'est la prévention, met en garde A. Idée auprès de 30millionsdamis.fr. Pour éviter que son chien ne se fasse contaminer par la piqûre de ces insectes, il est préférable de les traiter avec des produits antiparasitaires efficaces sur les moustiques et les phlébotomes. La prévention peut être sous forme de pipette, de collier, ou même de spray… » Il est également déconseillé de promener son chien entre le coucher et le lever du soleil, « période pendant laquelle ces insectes sont les plus actifs », signale S. Valentin.
Tout comme les moustiques vecteurs de la dirofilariose, le phlébotome est présent sur le pourtour méditerranéen et dans le sud de la France. Mais encore une fois, les zones à risque s’étendent de plus en plus vers le nord de l’Hexagone. N’hésitez donc pas à consulter votre vétérinaire par précaution.
La vaccination réduit significativement le risque de développer la maladie, sans pour autant offrir une protection totale.
Dr Suzy Valentin
Par ailleurs, il existe un vaccin contre la leishmaniose. « Malheureusement, l’efficacité n’est pas de 100 %, se désole le Dr vétérinaire S. Valentin. Le produit injecté permet de limiter le risque de développer la maladie, mais ne protège pas totalement contre l'infection. La vaccination réduit donc significativement le risque de développer la maladie, sans pour autant offrir une protection totale. »
Chez le chat, la dirofilariose et la leishmaniose existent également, mais ces deux maladies restent beaucoup plus rares que chez le chien.
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