Le Parc naturel régional (PNR) des Ballons des Vosges a annoncé la naissance de quatre grands tétras deux ans après le début d’un programme de réintroduction. Une nouvelle positive pour la survie et la diversité génétique de l’espèce.
Quatre grands tétras sont nés dans les Vosges, a-t-on appris vendredi 21 août 2026 auprès du Parc naturel régional (PNR) des Ballons des Vosges, une première depuis la difficile réintroduction de cet oiseau dans l'écosystème. Ancienne espèce endémique des Vosges d'où il a quasiment disparu, le grand tétras, plus grand oiseau sauvage d'Europe, fait l'objet depuis 2024 d'un programme contesté de réintroduction d'individus capturés en Norvège. Trois lâchers ont déjà eu lieu, mais sur les 16 individus introduits lors des deux premiers lâchers, deux au maximum étaient encore en vie en 2026.
Des associations écologistes critiques du programme de réintroduction l'estiment voué à l'échec car l'environnement vosgien, trop perturbé par les activités humaines, ne serait plus adapté au grand tétras. Mais le 4 août, un randonneur a observé un groupe de cinq grands tétras, qui se sont avérés être une poule adulte et ses quatre poussins. Les oisillons sont probablement nés mi-juin, a indiqué à l'AFP Fabien Diehl, technicien du PNR chargé du suivi de l'espèce.
« Ce que ça montre, c'est qu'il faut aussi du temps, de la patience »
Deux des jeunes oiseaux, un mâle et une femelle, ont pu être photographiés mi-juillet, quelques minutes après le passage de leur mère, a précisé le parc. Cette femelle, introduite en 2024, n'était plus suivie à la trace par les équipes du parc, les balises GPS posées sur les oiseaux cessant d'émettre au bout d'un an. Elle avait déjà niché en 2025, mais ses œufs avaient été détruits par des prédateurs, a indiqué Fabien Diehl. « Ça montre qu'il y a un potentiel reproducteur chez ces oiseaux-là et que le milieu est favorable, que les oiseaux vont trouver tout ce qui leur est nécessaire pour accomplir leur cycle biologique », a-t-il affirmé.
Cette naissance est également importante pour la diversité génétique de l'espèce, car les derniers grands tétras autochtones des Vosges souffrent de consanguinité, a-t-il ajouté. « Ce que ça montre, c'est qu'il faut aussi du temps, de la patience » pour réussir le programme, a estimé Fabien Diehl. La dernière naissance répertoriée de grands tétras dans les Vosges remontait à 2019.
(Avec AFP)
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