Alors que les centres de soins de la faune sauvage attendent le feu vert pour se rendre sur les zones sinistrées et sauver les animaux en souffrance victimes des incendies, le Préfet de Seine-et-Marne vient de prendre un arrêté préfectoral missionnant un lieutenant de louveterie pour abattre les animaux gravement blessés près de la commune d’Achères-la-Forêt (77) dans la forêt de Fontainebleau. Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis, interpelle le Préfet de Seine-et-Marne ainsi que le ministre délégué en charge de la Transition écologique.
Incohérent ! Alors que des milliers d’animaux ont péri dans les flammes des feux de forêts en France, de nombreux survivants, blessés, déshydratés et traumatisés, ne demandent qu’à être sauvés de leurs blessures. Pourtant, en Seine-et-Marne, un arrêté préfectoral prévoit de faire intervenir un lieutenant de louveterie pour abattre des animaux « trop sévèrement atteints et condamnés » par l’incendie d’Archères-la-Forêt, dans la forêt de Fontainebleau. Une décision qui suscite l’indignation des organisations de protection animale, dont la Fondation 30 Millions d’Amis. « Nous déplorons que les organisations de protection de la faune sauvage n’aient pas été sollicitées avant d’envisager un recours à cet abattage arbitraire », s’inquiète Reha Hutin, dans un courrier adressé à Pierre Ory, préfet de Seine-et-Marne, ainsi qu’au ministre délégué en charge de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre.
Les structures d’accueil animalières non sollicitées
Face aux feux de forêts qui ont ravagé de nombreux départements dans l’Hexagone, associations et centres de soins de la faune sauvage se sont organisés pour intervenir sur le terrain. L’objectif : venir récupérer les animaux sauvages blessés afin de leur prodiguer les soins nécessaires. Malheureusement, aux abords de la forêt de Fontainebleau, ces organisations restent toujours dans l’attente d’un feu vert de la préfecture. Au lieu de les autoriser à secourir des animaux en souffrance, la préfecture de Seine-et-Marne préfère procéder à des « tirs sanitaires », ne laissant aucune chance de survie à la faune sauvage en détresse.
Très inquiète, la Fondation 30 Millions d’Amis demande aux autorités de lever cet arrêté préfectoral et les appelle de nouveau à permettre l'intervention encadrée des structures de soins sur la zone sinistrée. « Leur réactivité, leur expertise, leur compétence vétérinaire et leurs installations permettraient certainement de réhabiliter de nombreux animaux après des soins adaptés, dans un cadre contrôlé et sécurisé », souligne Reha Hutin. Contrairement aux professionnels de soins, un lieutenant de louveterie ne dispose d’« aucune compétence vétérinaire lui permettant d’établir un diagnostic et de se prononcer sur le pronostic vital d’un animal blessé ».
La Fondation 30 Millions d’Amis demande une suspension de la chasse
Secourir les animaux blessés constitue un devoir moral et une nécessité écologique. « Leurs ressources sont en partie anéanties et la reconstitution de leurs habitats prendra de nombreuses années », rappelle Reha Hutin. C’est pourquoi, la Fondation 30 Millions d’Amis réclame également un moratoire sur la chasse dans les zones sinistrées et alentours.
Il y a quelques jours, le gouvernement avait donné mandat aux préfets des départements sinistrés, en lien étroit avec les fédérations départementales des chasseurs, d'apprécier au cas par cas les adaptations nécessaires à apporter au calendrier de la chasse.
De nombreux animaux sauvages restent toujours en grande détresse et pourraient être sauvés des flammes. Donnons-leur une chance de survie. Chaque vie compte !
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