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Législation

Urgence agricole : la Fondation 30 Millions d'Amis s'oppose à l'abattage des chiens errants en Outre-mer

En Outre-mer, un plan d’action pour maîtriser les populations d’animaux errants relève d’une urgence. / ©Istock (illustration)

Le Sénat a récemment adopté un amendement visant à autoriser l’abattage de chiens errants dans les départements et régions d’Outre-mer. La Fondation 30 Millions d’Amis dénonce une mesure disproportionnée et demande sa suppression ! Elle attend des parlementaires réunis en commission mixte paritaire un sursaut.

Mise-à-jour (17/07) : Plusieurs sources concordantes ont confirmé à la Fondation 30 Millions d'Amis que l'amendement 604 autorisant l'abattage des chiens errants dans les territoires d'Outre-mer a été supprimé en commission mixte paritaire (CMP) ! "La Fondation 30 Millions d'Amis a activement œuvré auprès des membres de la CMP et salue la décision des députés et sénateurs d'écarter cette mesure cruelle et intolérable. Seules des actions de stérilisation et de responsabilisation des maîtres d'animaux peuvent représenter une solution durable aux difficultés que pose l'errance animale" réagit Reha Hutin, la présidente de la Fondation 30 Millions d'Amis. Soulagement !

Des milliers de chiens et de chats bientôt abattus en masse ? Le Sénat en effet adopté un amendement (n°604) autorisant « des opérations de destruction » des chiens errants et divagants sur les territoires d’Outre-mer (Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion et Mayotte) dans le cadre du projet de loi d’urgence agricole déposé par le gouvernement en avril dernier. Ces abattages seraient exécutés par « les lieutenants de louveterie, les agents assermentés chargés de la police de la chasse, ou toute personne titulaire d’un permis de chasser requises par le préfet », prétendument dans le cadre de « prévention et à la lutte contre les attaques » d’animaux errants. Une mesure qui, de toute évidence, ne permettrait pas de résoudre la problématique de la gestion des animaux errants.« L'abattage ponctuel de chiens rencontrés en divagation ne permet pas de traiter les causes profondes du phénomène, à savoir l'absence d'identification, le défaut de stérilisation et l'irresponsabilité de certains détenteurs », appuie Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis, dans un courrier adressé à chaque député membre de la Commission mixte paritaire (CMP) qui se tiendra ce 16 juillet 2026 pour débattre sur le texte.

Une problématique qui nécessite une prévention 

Car, plutôt que d’opter pour des mesures radicales, il conviendrait de s’intéresser aux causes de l’errance animale. Trop peu contrôlée malgré les risques sanitaires, cette dernière résulte principalement des abandons sauvages, du défaut d'identification, de l'insuffisance de la stérilisation, de la divagation d'animaux et du manque de moyens consacrés à la prévention et à la sensibilisation des populations.  

Par ailleurs, le rapport d'audit sur l'errance animale en Outre-Mer, financé par le Plan France Relance en 2021 sous l'égide du ministère de l'Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire, rappelle que les chiens véritablement errants ne représentent qu'une faible part des animaux présents dans les espaces publics. « La majorité est constituée d'animaux divagants, ayant un propriétaire, vivant au sein de communautés de voisinage ou ayant été abandonnés sur la voie publique », poursuit Reha Hutin dans sa lettre. 

L’appel à l’aide des associations et refuges locaux   

Sur place, les associations de protection des animaux domestiques de Martinique dénoncent un « mépris de toute logique, à la veille des grandes vacances, période d’abandons massifs » : « les 3 000 chiens en moyenne tués chaque année à la fourrière de Martinique n’ont pas empêché leur renouvellement régulier sur le territoire », écrivent-elles dans une pétition.  Elles demandent la stérilisation massive des animaux domestiques « avec la collaboration des vétérinaires », le développement de refuges, ainsi que des réelles sanctions envers les élevages clandestins et envers les maîtres d’animaux responsables d’abandon. « C’est tellement plus simple de s’attaquer aux animaux qui n’ont rien demandé, que de responsabiliser les potentiels électeurs », dénonce le collectif Chiens et Chats Martinique.  

Les solutions demandées par les associations locales s’avèrent par ailleurs identiques aux recommandations du rapport d’audit sur l’errance animale en Outre-mer, qui propose de coupler plusieurs moyens d’action. Campagnes de comptage des animaux errants, le renforcement de la sensibilisation auprès de la population et de la répression des actes de maltraitance animale, mais également campagnes de stérilisations… Des solutions de gestion qui permettraient véritablement de lutter efficacement contre la multiplication des animaux errants et l’ensemble de leurs conséquences.   

La Fondation 30 Millions d’Amis mobilisée auprès des parlementaires 

La Fondation 30 Millions d’Amis interpelle les députés et sénateurs membres de la CMP et demande la suppression – lors de l’examen du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles – de cet amendement 604. Pleinement consciente des difficultés auxquelles sont confrontés les éleveurs, la Fondation plaide pour « une approche fondée sur les enseignements des rapports d'expertise, sur les connaissances scientifiques disponibles et sur les principes d'une gestion responsable des populations animales »« Supprimer cet amendement n’équivaut pas à ignorer les difficultés rencontrées par les éleveurs ; c’est au contraire faire le choix de solutions dont l'efficacité est aujourd'hui reconnue et qui permettent de répondre durablement aux enjeux agricoles, sanitaires et de protection animale », plaide Reha Hutin. 

 

 Il existe suffisamment de recommandations en faveur d'une gestion éthique des chiens et de chats errants.

Lorène Jacquet

« Il existe aujourd'hui suffisamment de recommandations, tant au niveau national qu'international, en faveur d'une gestion éthique des populations de chiens et de chats errants pour renoncer à la solution létale, désormais en total décalage avec l'évolution de la place de l'animal dans notre société, confirme Lorène Jacquet, Responsable des Affaires publiques de la Fondation 30 Millions d’Amis. Il s’agit de faire preuve de cœur et de raison, afin de faire prévaloir une gestion raisonnée sur une politique sanglante. »

Une prise de conscience croissante

Engagée depuis de nombreuses années en Outre-mer pour la mise en place de campagnes de stérilisation, la Fondation 30 Millions d’Amis « serait tout à fait disposée à renforcer ses actions de terrain pour assurer la sécurité des troupeaux tout en préservant la vie des chiens errants et divagants », assure sa Présidente.

Outre la documentation sur l’errance canine et féline, l’opinion publique se déclare – elle aussi –favorable à la gestion éthique des animaux errants. Selon le Baromètre 2026 de la Fondation 30 Millions d’Amis « Les Français et le bien-être des animaux »,66 % des Français soutiennent la stérilisation ;obligatoire des chiens et chats domestiques.