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Trafic de chiots entre la Roumanie et la France : trois personnes jugées à Evry

Un vétérinaire est soupçonné d'avoir pucé, en 2025, 300 teckels nains importés de Roumanie pour le compte de propriétaires souvent fictifs. / ©Istock (illustration)

Fin 2025, des enquêteurs ont démantelé un trafic de teckels dans l'Essonne. Deux femmes et un vétérinaire sont impliqués. L'opération est saluée par la Fondation 30 Millions d'Amis, qui espère des sanctions à la hauteur des actes commis envers des centaines de chiens.

Deux femmes roumaines et un vétérinaire doivent être jugés mercredi à Evry (Essonne) pour leur implication dans un vaste trafic de chiots entre la Roumanie et la France et des soupçons de maltraitance animale, a appris l'AFP de sources concordantes. Selon le parquet, le vétérinaire, qui exerce à Evry, va comparaître pour escroquerie en bande organisée. Il est soupçonné, selon une source policière, d'avoir pucé l'an dernier 300 teckels nains importés de Roumanie pour le compte de propriétaires souvent fictifs. Les deux femmes étaient, elles, en charge de la garde et de la vente des animaux sur des sites d'annonces, selon la même source. Elles sont poursuivies pour avoir fourni des informations erronées aux acheteurs, comme l'âge ou l'état de santé des chiens, et pour avoir infligé de mauvais traitements aux teckels, a précisé le ministère public

De nombreux teckels dont des chiots retrouvés dans un état déplorable

L'enquête a démarré fin 2025 après le signalement d'un particulier faisant état de maltraitance animale dans un appartement de Leuville-sur-Orge (91). Huit chiots y ont été retrouvés dans des conditions déplorables. Des plaintes déposées par des associations de protection animale en début d'année ont dénoncé des faits similaires. L'une d'entre elles a conduit à la découverte de quatre chiots dans un sac poubelle à Brétigny-sur-Orge. Au cours de leurs investigations, les enquêteurs ont appris que les animaux étaient vendus 1.800 euros dans une maison de Saulx-les-Chartreux (91).

Lors d'une expulsion locative de ce logement lundi 22 juin 2026, une cinquantaine de teckels nains ont été découverts, de nombreux chiens s'échappant lors de l'intervention. Les six occupants des lieux ont été interpellés et placés en garde à vue. Une septième interpellation a eu lieu dans la foulée à Morsang-sur-Orge au domicile d'une femme chez qui les carnets de santé des teckels avec les identités fictives des propriétaires ont été retrouvés.

Le vétérinaire poursuivi pour blanchissement

Le vétérinaire a lui été interpellé mardi. La perquisition de son domicile a permis de saisir 19.000 euros en espèces, tandis que ses comptes bancaires ont été gelés. Il est poursuivi dans une procédure incidente de blanchiment, a indiqué le parquet. Selon la source policière, le praticien a nié toute participation à un trafic de canidés lors de sa garde à vue. "Ce type de business occulte et mafieux est malheureusement fréquent, car il permet à des réseaux de trafiquants de vendre à prix d'or sur le marché français des animaux produits à moindre coût dans des conditions sordides, à des milliers de kilomètres, fait savoir Lorène Jacquet, Responsable des Affaires publiques pour la Fondation 30 Millions d'Amis. Tant que ces vendeurs sans scrupules trouveront des clients peu regardants sur les conditions d'élevage et qu'ils ne seront pas sévèrement condamnés par la justice, l'appât du gain l'emportera sur le risque pénal et ils continueront d'exploiter ces pauvres animaux et de les vendre au premier venu."

 

Ce type de business occulte et mafieux est malheureusement fréquent.

Lorène Jacquet, Fondation 30 Millions d'Amis

L'une des femmes jugées a reconnu importer les chiots de Roumanie au prix de 500 euros l'unité en vue de les revendre 900 euros. Elle a également admis avoir donné une fausse identité pour leur puçage et dit connaître le vétérinaire. La seconde femme a confirmé être la propriétaire des teckels mais a contesté son implication dans le trafic.

La Fondation 30 Millions d'Amis ne peut donc que se réjouir d'une telle opération et de la tenue de ce procès qui témoignent d'une "mobilisation cruciale et grandissante des autorités pour démanteler ces réseaux et punir enfin ceux qui s'engraissent sur la misère animale.", conclut Lorène Jacquet. 

(Avec AFP)