Agée de 57 ans, l’ancienne occupante d’un appartement à Carcassonne (Aude) a été condamnée le 12 juin 2026 pour mauvais traitements infligés à des animaux. Fin 2025, 340 cadavres de chats avaient été découverts au domicile à la suite d’un signalement, ainsi qu’une trentaine d’animaux vivants et en détresse. La Fondation 30 Millions d’Amis, intervenue sur place avec les autorités, était partie civile au procès.
Mauvais traitements, privation de soins, animaux détenus en captivité… Au tribunal correctionnel de Carcassonne (Aude) ce 12 juin 2026, les faits reprochés s’additionnent pour l’ancienne locataire d’un appartement, devenu « la maison de l’horreur ». À l’automne 2025, la Fondation 30 Millions d’Amis était intervenue – aux côtés des forces de l’ordre, de la Société carcassonnaise de protection animale (SCPA) et d’un commissaire de justice – au domicile de cette femme dans lequel a été retrouvé… plus de 340 cadavres de chats ! Une découverte dont se souvient encore Jean, enquêteur-bénévole pour la Fondation 30 Millions d’Amis : « Des corps étaient enfermés dans des sacs de croquettes, c’était vraiment choquant. » Un dépôt de plainte avait été déposé et la Fondation 30 Millions d’Amis s’était constituée partie civile. « Nous sommes face à un acte abominable qui dépasse l’entendement », avait réagi Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d’Amis, en octobre dernier.
Des animaux en détresse, enfermés dans le noir
Atteinte du syndrome de Diogène la soixantenaire gardait enfermés 31 chats et un chien dans un logement sombre et insalubre, avec « un seul bol d’eau et deux ou trois gamelles de croquettes », rappelle Jean. La Fondation 30 Millions d’Amis avait également reçu un signalement pour vol d’animaux et violence sur son chien, qui avait des problèmes de santé et des plaies marquées. « Au vu des blessures du chien, il était hors de question de le lui laisser », souligne l’enquêteur.
©Fondation 30 Millions d'Amis
L’animal, ainsi que les chats en détresse, ont été retirés et cédés à la SCPA. Quant aux cadavres de félins, leur état de décomposition trop avancé ne permettait pas une autopsie. « Les faits sont trop graves, ces animaux ont souffert », insiste le bénévole auprès de 30millionsdamis.fr.
Amendes et obligation de soins
Reconnue coupable des faits reprochés, l’ancienne locataire a été condamnée à 500€ d’amende délictuelle [contre 750€ requises : ndlr] avec sursis ainsi qu’à trois amendes contraventionnelles. Le tribunal correctionnel a également prononcé l’obligation de soins à l’égard de la prévenue, et 1€ de préjudice moral doit être versé aux parties civiles.
Cet exemple rappelle également combien il est nécessaire d’obtenir le statut juridique de l’animal.
Me Xavier Bacquet
Me Xavier Bacquet, avocat de la Fondation 30 Millions d’Amis, évoque un « dossier marécageux ». « Nous avons affaire à une personne dorénavant sans domicile fixe avec une pathologie humaine dont la loi n’apporte pas de réponse pour ce type de profil, observe-t-il. En revanche, nous pouvons regretter l’absence d’interdiction de détenir un animal, car cette femme va probablement récidiver ». Un cas juridique qui rappelle l’importance d’instaurer un permis de détention d’un animal de compagnie afin de lutter contre la maltraitance animale et la récidive. Une demande déjà adressée à Gérald Darmanin, Garde des Sceaux et ministre de la Justice. « Cet exemple rappelle également combien il est nécessaire d’obtenir le statut juridique de l’animal, pour mieux protéger nos animaux de compagnie », souffle Me Xavier Bacquet.
Commenter
Vous souhaitez déposer un commentaire dans cette liste de discussion ? Pour ce faire, il faut vous créer un compte. La création de compte est GRATUITE : Créez votre compte ou bien identifiez vous.
0 commentaires