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Protection des espèces menacées: l'administration Trump poursuivie par des organisations environnementales

La réglementation de l'administration Trump pourrait nuire immédiatement à la faune sauvage, notamment aux ours grizzlis. / ©AdobeStock

Des groupes de défense de l'environnement ont intenté un procès à l'administration Trump concernant sa décision de supprimer la protection des espèces menacées dans leurs habitats. Les ONG rappellent l'illégalité de cette décision, notamment puisque la destruction de l'habitat de la faune sauvage est interdite par les textes de loi.

Des organisations de défense de l'environnement ont déposé une plainte mardi 14 juillet contre l'administration Trump, l'accusant d'affaiblir une loi majeure sur les espèces menacées en cessant de considérer la destruction de leur habitat comme un préjudice. Le ministère de l'Intérieur américain, principalement chargé de la gestion des immenses terres fédérales, a entériné la semaine dernière ces modifications réglementaires.
Il a ainsi mis fin à cinq décennies de jurisprudence et de pratique dans l'interprétation de l'Endangered Species Act (ESA), une loi majeure adoptée 1973, à laquelle est attribuée le sauvetage de plusieurs espèces emblématiques aux Etats-Unis, dont celle du pygargue à tête blanche, rapace symbole du pays. Cette loi emblématique interdit toute forme de "prélèvement" d'espèces menacées. La loi définit ce terme comme le fait de "harceler, nuire, poursuivre, chasser, tirer, blesser, tuer, piéger, capturer ou collecter" un animal protégé, ou de tenter de le faire.

Dans l'application de ce texte, le gouvernement avait précisé que le terme"nuire" ("harm") englobait notamment les dégradations importantes de l'habitat des espèces protégées mettant en danger leur survie. Mais l'administration Trump, considérant que cette définition était trop large et portait atteinte aux droits de propriété privée, a décidé de la revoir. 

Une réglementation nuisible à de nombreuses espèces

Dans leur plainte, déposée devant un tribunal fédéral de l'État de Washington (nord-ouest), des organisations environnementales comme le Center for Biological Diversity et le Sierra Club estiment que cette décision viole "le bon sens, la science biologique et le droit fédéral". "La destruction et la dégradation des habitats tuent les espèces menacées ou en danger tout aussi sûrement que si on leur tirait dessus", font-elles valoir dans la plainte. Dans un communiqué, elles ont averti que ces changements pourraient avoir des effets immédiats sur des espèces comme les lamantins de Floride, les grizzlis et les insectes pollinisateurs. « La protection des habitats naturels, des zones d’alimentation et de repos de la faune sauvage est un principe fondamental de la loi sur les espèces menacées », rappelle Kristen Boyles, avocate chez Earthjustice.

Mardi 14 juillet 2026, l’administration Trump a annoncé une révision de la loi sur les espèces menacées qui autoriserait l’abattage d’un plus grand nombre d’ours grizzlis dans les 48 États contigus, où ils sont actuellement protégés en tant qu’espèce menacée. « Les données scientifiques sont claires : les grizzlis ont besoin d’une protection fédérale totale pour se rétablir, et non d’une réglementation qui entraînera une augmentation de leur mortalité, a déclaré  Andrea Zaccardi, directrice juridique du programme de conservation des carnivores au Center for Biological Diversity.dans un second communiqué. Nous allons réexaminer cette réglementation et envisager les prochaines étapes. »

Avant cette décision, l'administration Trump avait déjà pris une série de mesures visant à réduire la portée de l'ESA. En novembre dernier, le gouvernement a notamment proposé d'autoriser la prise en compte de "considérations économiques" dans les décisions visant à déterminer si une espèce menacée d'extinction devait être protégée. Il a également exempté les industries pétrolière et gazière opérant dans le golfe du Mexique de l'obligation de respecter cette loi. Et lundi 13 juillet, le gouvernement a annoncé qu'il réduisait de plus de 90 % la superficie de deux vastes zones protégées dans l'Utah (ouest).

(Avec AFP)