La Fondation 30 Millions d’Amis – partenaire du 1er Diplôme Universitaire en droit animalier de l’Université de Limoges (87) – a décerné le Prix Jules-Michelet à Charlotte Le Delliou (promotion 16). Sa proposition de réforme vise à protéger la faune sauvage des impacts d’événements climatiques extrêmes et à favoriser son adaptation au changement climatique. Un projet novateur et d’actualité alors que les périodes de canicule se multiplient, et que la faune sauvage souffre chaque année des conséquences du réchauffement climatique. Les feux de forêt en cours en sont la preuve tangible.
« Le changement climatique s’exacerbe et avec lui des événements climatiques extrêmes (tels que les incendies, les vagues de chaleur, les sécheresses ou les inondations) frappent le territoire national. » En rappelant cette tragique réalité, la proposition de loi de Charlotte Le Delliou, étudiante en droit animalier à l’Université de Limoges – parrainé par la Fondation 30 Millions d’Amis – entend combler un angle mort des politiques publiques : le sort des animaux sauvages face au changement climatique.
Protéger la faune sauvage face aux castrastrophes naturelles s'avère plus jamais indispensable. En témoignent les événements climatiques extrêmes, à l’image des incendies qui durent encore en Gironde, et qui déciment chaque jour les milliers d’animaux qui peuplent cet environnement. « Le 16e Prix Michelet 2026 a été prémonitoire du drame qui se déroule cet été où des milliers d'animaux sauvages ont péri dans les feux de forêt. », appuie Reha Hutin, Présidente de la Fondation 30 Millions d'Amis.
La faune sauvage laissée pour compte face aux défis climatiques ?
Le constat est sans appel. Face aux impacts du réchauffement de la planète, les animaux sauvages se retrouvent blessés, déshydratés, dénutris, ou subissent la perte de leurs habitats. Chargée de mission au ministère de la Transition écologique, la lauréate s’est intéressée à leur sort « dans un cadre tout autant personnel que professionnel » : « J'ai pris conscience qu'il y avait peu de prise en compte de la faune sauvage, explique C. Le Delliou à 30millionsdamis.fr. C’est pourquoi ma proposition de loi cherche à mieux intégrer les espèces sauvages dans la prévention des impacts des catastrophes naturelles. »
Ces souffrances ne peuvent demeurer sans réponse.
Charlotte Le Delliou, lauréate du Prix Michelet
Pour mieux protéger les espèces sauvages, la diplômée de droit animalier - soutenue par le ministère de la Transition écologique dans sa démarche de formation - veut « anticiper les risques, organiser le secours animalier, accompagner la restauration des populations touchées ainsi qu’adapter les politiques de conservation ». « Ces souffrances ne peuvent demeurer sans réponse, les animaux, y compris sauvages, étant depuis 2015 considérés comme des êtres vivants doués de sensibilité », rappelle la lauréate.
Mieux anticiper et organiser les secours animaliers
Parmi les mesures envisagées, Charlotte Le Delliou défend un renforcement de l’intégration du secours animalier dans les dispositifs de sécurité civile. Afin d’anticiper les moyens nécessaires à la protection des espèces sauvages, la proposition de réforme prévoit notamment d’introduire davantage de considérations relatives à la faune dans les plans d’intervention qui structurent les opérations de sauvetage lors des catastrophes. « J'ai essayé de m'intéresser aux 3 stades : avant, pendant et après la catastrophe [naturelle], explique Charlotte Le Delliou. Il y a bien sûr une volonté de toucher à tous les stades et ne pas être uniquement dans le curatif, mais aussi dans le préventif. »
Face au réchauffement climatique et aux castrastophes naturelles qui en découlent, les animaux sauvages sont confrontés à la perte de leurs habitats. / ©AdobeStock (illustration)
Puis, pour répondre aux défis posés par le secours à la faune sauvage – animaux mobiles, parfois paniqués et difficiles à manipuler – l’étudiante au DU de droit animalier prévoit de mieux associer plusieurs catégories d’acteurs formés. Ainsi, les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB), les titulaires d’un certificat de capacité pour la détention de spécimens relevant de la faune sauvage captive et les étudiants vétérinaires pourraient construire une action plus coordonnée pour réaliser des sauvetages, plutôt que des riverains au péril de leur sécurité.
Une série de mesures pour protéger l’ensemble des écosystèmes
Mais la proposition ne se limite pas au secours des animaux : elle vise également à prendre en compte la gestion des espèces et de leurs habitats face aux risques climatiques. « Je trouve cela intéressant de profiter des canicules subies actuellement pour porter le sujet. Le contexte politique et climatique actuel s’y prête», ajoute C. Le Delliou.
Parmi les pistes avancées : « adapter les plans de protection des espèces menacées » ; « renforcer le rôle de l’OFB dans le suivi et l’adaptation des espèces et de leurs habitats » ; « mieux préserver les corridors écologiques permettant aux animaux de fuir » et « limiter temporairement certaines pressions humaines après une catastrophe ». Des mesures qui s’accompagneraient également de restrictions ponctuelles de chasse ou de pêche : « Cette proposition a pour objet de couvrir les écosystèmes terrestres mais aussi marins », précise la lauréate.
Vers une nouvelle étape de la protection animale ?
Enfin, la proposition de loi aborde la migration assistée, aussi appelée « translocation » ; c’est-à-dire le déplacement d’espèces vers des zones devenues plus favorables à leur survie. Ces opérations seraient encadrées afin de garantir leur pertinence écologique et leur viabilité à long terme. « J’ai essayé de m’attaquer à un sujet émergent pour lequel il existe peu de législations », souligne la jeune femme.
Le changement climatique impacte aussi la survie du hérisson d'Europe. / ©AdobeStock (illustration)
En 2021 – soit la même année que la loi visant à lutter contre la maltraitance animale portée par les députés Loïc Dombreval, Laëtitia Romeiro Dias et Dimitri Houbron – la loi dite “Matras” avait déjà « introduit le sauvetage des animaux parmi les objectifs des opérations de secours. » Ainsi, la nouvelle proposition de réforme de C. Le Delliou tente d’aller plus loin en donnant des outils concrets aux acteurs de terrain. Car, au-delà de la question du sauvetage, la proposition pose une interrogation plus large : dans un contexte climatique qui bouleverse déjà les écosystèmes, quelle place notre société souhaite-t-elle accorder à la protection de la faune sauvage ? « Il est urgent que des mesures soient aussi prises, insiste Reha Hutin. Cette proposition de loi doit voir le jour pour protéger cette faune sauvage en péril. »
« Cette proposition répond à des enjeux actuels et concrets »
Selon Lorène Jacquet, responsable des Affaires publiques à la Fondation 30 Millions d’Amis, membre du jury du Prix Michelet, « cette proposition novatrice répond à des enjeux actuels et concrets, et vise à accorder une meilleure protection à un nombre infini d’animaux et complète le travail précieux qui est déjà mené par les centres de soins de la faune sauvage notamment, raison pour laquelle la Fondation y a apporté son vif soutien ».
En tant que marraine du 1er Diplôme universitaire en droit animalier, la Fondation 30 Millions d’Amis se réjouit une nouvelle fois du travail accompli par l’ensemble des candidats au Prix Michelet qui œuvrent pour améliorer la connaissance et le respect de cette discipline, mais aussi pour faire progresser la protection des animaux à travers la législation française. En 2025, le Prix Jules-Michelet avait été décerné à Géraldine Becker pour sa proposition de réforme visant à délictualiser l’infraction de mauvais traitements et à créer un délit de mauvais traitement envers un animal ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
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